Education physique et sportive pour soigner son corps et son esprit…

Education physique et sportive

Sportive ou non, la dépression guette tous les citadins par l’agression psychosociale due au milieu environnemental direct. Pour dormir, on absorbe des calmants puis au réveil des stimulants chimiques qui ne font que modifier notre perception du milieu et qui modifient de façon insidieuse notre propre corps et nos pensées.
Sans aller jusqu’à ces cas extrêmes, nombreux sont ceux ou celles qui éliminent mal la tension nerveuse avec comme conséquence : somnolence, lassitude soudaine (les effets d’un stress perpétuel). Là encore, l’exercice physique peut intervenir efficacement.

Entraîner son corps et son esprit

On entraîne ses “nerfs” parfois plus que ses muscles. Parfois il est dur d’aller s’entraîner, mais si on en a la volonté, on est surpris à l’arrivée de se sentir si détendu. En effet, le mouvement, fonction ultime de tout système vivant met en jeu le système nerveux, par notre perception de l’espace et l’action que l’on va exercer pour modifier le milieu. Bouger c’est penser en trois dimensions, la réponse de notre corps sera son développement musculaire harmonieux, son équilibre. Ainsi, plus les mouvements se compliquent, plus le système nerveux doit intégrer les réflexes. Et l’on démontre que l’aptitude à l’équilibre du mouvement évolue parallèlement avec les coordinations neuromusculaires. Or, le développement physique est une recherche toujours plus affinée de l’équilibre.

Bouger est une nécessité

À mesure que les gestes croissent en complexité, en efficacité, en précision, l’intervention des fonctions nerveuses est différenciée. L’entraînement quotidien (de quelques minutes à quelques heures) physique et psychique mais aussi la compréhension des mécanismes régissant les organismes biologiques permettra sans doute une meilleure adaptation et une évolution de l’être humain.
Toutes les habitudes, bonnes ou mauvaises, ont leur origine dans l’enfance. Il sera d’autant plus facile de bien préparer un enfant à une bonne santé physique et mentale que son organisme la recherche spontanément. Le besoin de bouger est, chez eux, une nécessité.

L’influence d’un entraînement physique suivi, chez les adolescents, a été étudiée tant de fois. Une expérience intéressante avait été menée aux Etats-Unis. On avait isolé deux groupes de jeunes filles âgées de 15 ans. L’un, dit groupe contrôle, a mené une vie dite normale sans faire aucun effort physique particulier. Le second a été soumis à un entraînement régulier durant quatre mois et demi.

Travailler la masse corporelle…

Au terme de l’expérience, on n’a enregistré aucune perte de poids significative dans le groupe contrôle, alors que 11 des filles du groupe entraîné, lourdes au départ, ont perdu des kilos. En revanche, 11 filles trop maigres du même groupe ont pris du poids. L’exercice normalise le poids en fonction de la taille.

Chez les jeunes filles du groupe sédentaire, la proportion de graisse en excès a, dans l’ensemble, augmenté, tandis qu’elle avait diminué chez celles du groupe entraîné. En outre, dans la mesure où ce sont les jeunes filles de gabarit moyen, c’est-à-dire ni lourdes ni maigres, qui ont subi l’augmentation, on peut conclure au danger qu’il y a pour tout individu, même si ses proportions semblent normales, à ne pas faire travailler son corps. L’entraînement physique assure au corps une croissance saine.

Et puis, la suppression de l’influence inhibitrice de la graisse sur l’efficience physique a pour conséquence directe l’amélioration des performances. On sait que l’endurance des filles non entraînées décroît après 14 ans, alors que, chez les garçons, elle continue d’augmenter au-delà de cet age. L’activité glandulaire à l’adolescence pèse sur les exploits physiques. La comparaison entre deux groupes de filles de 13 ans a montré que celles qui étaient déjà formées étaient plus grandes et plus fortes que les autres qui étaient, elles, plus rapides.
C’est l’âge où la petite fille qui courait dans la rue se met à marcher posément. C’est le moment où la jeune fille cesse d’aimer les jeux de garçons et préfère “discuter ” entre camarades. C’est le moment où il faut l’encourager, si elle n’aime pas l’activité physique et/ou intellectuelle, à exercer son corps en effectuant quelques mouvements de gymnastique quotidiens sous peine de la voir souffrir dix ans plus tard de bourrelets de graisse, d’ennuis de circulation, de nervosité et à enregistrer le maximum d’informations.

Activité physique et sportive

L’activité physique face aux maladies et la vieillesse ?

On est souvent étonné de voir des êtres en pleine “santé” frappés subitement d’une maladie incurable. Comment alors garantir sa vie, sa vieillesse ? Y a-t-il des règles à respecter, un mode de vie particulier à prescrire ?
Un grand journal américain, le Saturday Evening Post, avait mené une enquête à ce sujet portant sur 2 900 Américains de plus de 95 ans. Après avoir interrogé dans le détail un certain nombre d’entre eux, les chercheurs ont pu conclure que le secret de la longévité était dans une sagesse exceptionnelle de tous les actes vitaux : l’appétit, l’intelligence, le mouvement. Aucun n’avait mené une vie d’ascète. Mais aucun d’eux n’avait abusé longtemps des plaisirs quotidiens que la civilisation met à notre disposition, la bonne dose que chacun doit déterminer pour lui et seulement pour lui ; une règle fondamentale.
Plusieurs avaient bu de l’alcool et fumé, mais toujours sans excès. Ils consommaient une nourriture saine, en quantité modérée, mais mangeaient, au mépris de la diététique, ce qui leur plaisait. Quinze pour cent seulement de ces gens avaient, à un moment ou l’autre de leur vie, pratiqué une discipline physique.

Hygiène et équilibre de vie

Mais nombreux étaient ceux qui effectuaient des travaux non sédentaires : 70 % des hommes étaient cultivateurs ou manœuvres, 25 % des femmes s’occupaient d’une maison remplie d’enfants alors que les gadgets ménagers n’existaient pas encore, ou travaillaient aux champs et aux travaux domestiques.
On pourra discuter plus longuement sur la qualité de l’alimentation et du mode de vie, mais un facteur est significatif : tous déclaraient avoir l’esprit tranquille. Ils se sentaient “bien dans leur peau”, bien où ils vivaient. Chez eux, les cas de dépressions nerveuses ou de maladies psychiques étaient pratiquement inexistants.

“Avoir l’esprit libre et être de bonne humeur, savoir rire (car ici aussi plus qu’ailleurs cela peut devenir une façon d’aborder la réalité et de régler ses propres problèmes).”

Nous devons tenter de corriger, par la connaissance de soi et les méthodes mises au point par la recherche, nos défaillances. Des enquêtes, aux résultats souvent contradictoires ont été poursuivies. Au cours des dernières décennies, deux études détaillées avaient été entreprises.

Le sport est lié étroitement à la santé

Une étude menée par le professeur J.N. Morris en Angleterre, portait sur une comparaison entre les conducteurs et les contrôleurs des autobus londoniens. Le travail des contrôleurs entraîne une dépense physique plus grande puisqu’ils sont obligés de monter à l’étage pour poinçonner les tickets des voyageurs. Les conducteurs, vissés à leur siège comme partout ailleurs, ont davantage de tension nerveuse à subir. Or, il s’est avéré, statistiquement, que la durée de vie était largement supérieure chez les contrôleurs.
Une seconde étude, celle du professeur finlandais J. Karvonon, examinait les champions de ski. On s’est aperçu que ces derniers vivaient, en général, sept ans de plus que la moyenne des sujets inactifs. Mais, comme ces enquêtes sont restreintes, on ne peut rien conclure avec certitude.

L’agriculture et les progrès du commerce et de l’industrie ont permis que la consommation de viandes, de poissons, de fruits et de légumes frais soit répandue dans toutes les classes de la société et à toutes les saisons. L’organisme trouve plus facilement qu’autrefois les éléments nécessaires à sa survie (vitamines, sels, acides). Cela, malgré les inconvénients d’une nourriture trop industrialisée.
Il est cependant facile de constater que la vie moderne ne permet pas aux mécanismes de notre corps de fonctionner dans les mêmes conditions d’autrefois. Le contexte de plus en plus urbain de la vie, ainsi que les caractères modernes de l’urbanisation (chauffage central, transports..) limitent l’effort naturel.
Or, dans l’atmosphère nerveusement épuisante des villes, les maladies du cœur, les cancers, les dépressions…, expression de déséquilibres à différents niveaux, sont les causes de décès à n’importe quel âge et sont en forte augmentation. Assis dans sa voiture, puis face à la télévision et, à son ordinateur, le terrain est bien préparé.
C’est pourquoi l’entraînement quotidien joue un rôle positif. Bien sûr, il n’est pas question de conseiller à l’homme moyen de pratiquer la mise en train intensive de l’athlète : manque de temps, pas de raisons de le faire. Il doit prendre conscience seul que, joint à une nutrition saine et s’il peut développer certaines capacités intellectuelles et physiques, il augmentera ses chances de jouir le plus tard possible de toutes ses facultés.
Il ne doit pas oublier que compte tenu des agressions qu’il subit à chaque instant, son organisme se détériore malgré tout.Il est tentant de croire que la bonne forme physique dresse un rempart contre la maladie.

Durant l’épidémie de grippe qui a sévi un hiver, il y a plusieurs décennies, le professeur Hans Zinsser avait observé les hommes servant dans les United States Overseas Expeditionary Forces. Il a constaté que, parmi les soldats, un grand nombre d’athlètes entraînés ont été contaminés et qu’une part d’entre eux sont morts.
Dans le même sens, le docteur W. Ritchie Russell qui étudiait l’épidémie de poliomyélite qui s’était abattue sur l’Angleterre il y a 50 ans, avait remarqué que les régions musculaires du corps intensément exercées la veille du jour où s’est installée la paralysie étaient atteintes avec une fréquence inhabituelle.

Puis, un autre médecin, le docteur Gear, comparant la population bantoue, mal nourrie, plus faible que les blancs habitant le même pays, a noté qu’elle contractait moins souvent la maladie. Ce sont des conclusions qui vont à l’encontre de ce que nous aimerions.

Bien-être dans son corps

Où est l’avantage du sport ?

Tous les gens qui souffrent physiquement pourraient répondre. Être en bonne condition physique ne protège pas automatiquement des maladies, mais elle évite beaucoup de problèmes.
Lorsque l’environnement extérieur change la résistance aux épreuves physiques imposées par les circonstances exceptionnelles (longues marches, froid) est plus grande. On imagine que cultiver le corps entraîne une dégénérescence fatale de l’intellect.
Le profond dégoût pour “M. Muscle” traduit une confusion entre l’obsession du culturiste (un “comportement excessif” traduisant souvent une névrose sous-jacente) et la recherche raisonnable de la forme physique.
D’ailleurs on observe ce clivage entre ceux qui font physiquement quelque chose et les autres au niveau politique, il y a les “travailleurs” d’un côté et ceux qui ne font rien de physique mais qui récoltent ceux que les autres font ; ce comportement est donc induit depuis l’enfance. Il en résulte un clivage et une opposition qui se prolonge à l’âge adulte.

Voyez comment un enfant se comporte, il préfère rester à l’extérieur et avoir une activité physique plutôt qu’intellectuelle. Ses copains d’ailleurs l’encourageront plus dans “tout ce qui est actif” plutôt que dans ce qui est intellectuel. Les parents et les enseignants devraient eux l’encourager dans l’autre sens.
Observez le nombre de personnes qui trébuchent au bord du trottoir, qui ont le souffle court au moindre effort, ont le regard inquiet, elles sont pressées, comme si quelqu’un les poursuivait. Elles ont peur, cela finira par les tuer. Savoir, en effet, que l’on peut compter sur ses muscles, sur la précision de ses gestes, rassure. Il y a beaucoup d’exemples de femmes judoka qui, attaquées de nuit dans la rue, ont mis leur agresseur K.O.

Des réflexes rapides, des mouvements sûrs entretiennent un sentiment de confiance en soi.En outre, l’équilibre du corps se répercute sur l’ensemble de l’activité. La réduction des forces inemployées donne lieu à un dynamisme accru. L’expression “être débordant de santé” traduit l’impression d’énergie extérieure que donnent ceux qui sont en forme.

Le déséquilibre psychologique s’accompagne souvent de délabrement physique, et l’entraînement fait partie des moyens de guérir les désordres mentaux légers.
Par exemple, pour guérir l’aboulie, qui est un trouble de la volonté et peut se manifester soit par de la timidité, soit par de l’autoritarisme et de la susceptibilité, on peut diriger le malade vers des sports comme la boxe. En effet, l’aboulique hésite à mobiliser les forces nerveuses qu’il possède.
Or, la boxe, comme tous les sports de combat, réclame une riposte qui, pour être efficace, nécessite une décision rapide.

Pour les enfants, le jeu, prélude aux sports, est une école de la personnalité. La paresse, l’indolence et l’oisiveté, si naturelles aux enfants, disparaissent dans leurs jeux, où ils sont vifs et où ils ne pardonnent nulle faute les uns aux autres. Dans les cas d’enfance difficile, on a utilisé cette faculté du jeu.

Aujourd’hui, on souligne leur utilité au point de vue de l’hygiène mentale. La thérapeutique du système destiné aux enfants nerveux qui supportaient mal le cadre scolaire normal.
Elle consistait à faire suivre aux enfants les mêmes études que dans les établissements traditionnels, mais dans une ambiance de calme et de détente organisée. Les classes sont vastes, il y a peu d’élèves et la sieste après le déjeuner est obligatoire. L’école bénéficie d’un horizon étendu : un parc, des arbres ; les yeux ne butent pas sur des rues bruyantes et des maisons serrées les unes contre les autres.

L’évolution physique, biologique, émotionnelle

Les enfants ont de longues récréations et bénéficient d’une leçon quotidienne de gymnastique. La journée est découpée en un horaire régulier.
L’alimentation est équilibrée et les éducateurs veillent à ce que les élèves apprennent à connaître la quantité et la qualité de la nourriture qu’ils reçoivent.

Les résultats sont positifs : d’êtres nerveux, handicapés par leur instabilité émotionnelle, on en fait des enfants adaptés au milieu dans lequel ils sont appelés à vivre.
À la puberté, un changement de caractère s’amorce. Le petit garçon ou la petite fille devient timide ou agressif, expression psychique de l’effet de ces nouvelles hormones mâles ou femelles qui envahissent l’organisme.

Mais c’est au moment de l’adolescence que la transformation est la plus nette. Certaines filles, perdant une allure garçonnière si l’on n’y prend pas garde, semblent se tasser en s’alourdissant. D’autres ressemblent à des asperges et se désespèrent de ne pas voir pousser leurs seins.
Les garçons ne savent que faire de leurs bras et de leurs jambes et rougissent de leurs boutons et du peu de poils qu’ils doivent raser.
Les adolescents, en règle générale, sont gauches, se sentent “mal dans leur peau”.

Lorsque le corps a atteint son équilibre, lorsque la jeune fille grosse mincit, que la maigre s’étoffe, l’une et l’autre s’épanouissent. Tout se stabilise s’il n’y a pas eu de fausse donne, si leur enfance s’est déroulée sans agression majeure, agression physique ou morale.
Parfois, les mécanismes régulateurs, insuffisamment stimulés, fonctionnent au ralenti.

Les kilos restent : à 18 ans, la jeune fille développe une jalousie inconsciente pour ses compagnes plus minces. Pour se venger, elle mange davantage, encombrant son organisme ; et entreprendre un sport demande plus d’énergie qu’aux gens d’un gabarit normal.
Ainsi, tout au long de l’enfance et de l’adolescence, une bonne hygiène de vie comportant un régime alimentaire équilibré et une dose raisonnable d’exercice est nécessaire pour aider aux transformations du corps.
Mais il ne faut surtout pas supprimer les corps gras qui entrent pour une très grande part dans le bon fonctionnement du système hormonal. Les répercussions de la forme physique sur l’état intellectuel et mental sont aussi perceptibles chez les adultes.

Aux Etats-Unis, un docteur avait attiré l’attention sur le fait que l’entraînement physique permettait à la force musculaire de se révéler en levant une sorte de “blocage” intérieur. Le sport serait alors l’instrument d’une libération qui se manifesterait sur l’ensemble de la vie psychologique.
L’expérience d’une équipe de professeurs d’université qui, gênés par une vie trop sédentaire, s’étaient décidés à faire un peu d’exercice, conclut dans ce sens.

Le résultat fut imprévu :
Une extraordinaire amélioration de leur activité intellectuelle. Quelques-uns achevèrent même très rapidement des livres sur lesquels ils peinaient. Selon ce docteur, ce renouveau d’activité physique aurait fait sauter les freins qui bloquaient en eux l’action.
Surgit un problème : la frénésie sportive du citadin, le week-end. Harassé par une semaine nerveusement épuisante, celui qui se lève tôt pour aller à son bureau devrait profiter de son sommeil dominical, ne pas se précipiter au tennis ou ailleurs…, parcourir dix kilomètres en vélo en toute détente.

“Ne pas devenir excessif car seul compte la régularité !”

Il ne faut pas prouver que l’on est le plus fort ou le meilleur :
En d’autres termes, lorsque physique et mental ne coïncident plus, lorsque l’entraînement n’est plus contrôlé et que l’excès d’activité physique traduit une forme de névrose, le corps craque.
D’ailleurs tout ce qui est excessif et dure un certain temps, toute hyperactivité ou hypoactivité, toute consommation excessive ne traduit-elle pas souvent un déséquilibre. Une forme de névrose ou de fuite sous jacente : excès ou refus total d’alcool, alimentation en excès ou refus de s’alimenter ; “humour “, “sport “, “travail” … Et tout se cultive, il suffit d’être son propre jardinier.

Mais le sport est une école de la ténacité et de la volonté (que l’on développe comme tout ce qui touche au biologique : il y a sans doute une facilité plus grande si on commence dès le plus jeune âge). Il est en effet facile d’observer sur soi-même que l’inactivité engendre la paresse dans la mesure où l’habitude de travailler se perd. Après 2 mois de vacances, il est difficile de reprendre le travail. De même, le corps qui a abandonné l’entraînement a du mal à récupérer sa forme.

À l’inverse, l’activité crée une adaptation au travail qui augmente progressivement. De certaines personnes, on se demande comment elles trouvent le temps d’effectuer des tâches multiples. Une autre, en revanche, qui ne travaille pas est “débordée” par la moindre activité. Pourquoi ? Elle n’a pas l’habitude d’additionner les travaux, ses parents n’ont pas su développer cette faculté dans l’enfance.

Dans le domaine biologique, l’effort est la condition de l’évolution. Au plan physique et intellectuel, l’effort est nécessaire, et il est aussi “payant”.
L’étude de la psychologie de la performance sportive témoigne en effet que cette performance dépend de dispositions préalables (état de santé général, rigueur de l’entraînement, etc.), mais aussi de motivations : désir de dominer l’adversaire, affirmation de soi, de prouver à soi-même que l’on est capable. Les muscles jouent leur rôle moteur.

Mais les médecins ont insisté sur l’influence puissante du cortex cérébral (siège de toutes les associations conscientes, qui existe à l’état embryonnaire chez certains animaux supérieurs, et qui s’est surtout développé chez l’homme), et d’un groupe de tissus composés de nerfs actifs, la formation réticulaire.
Cette influence est essentiellement régulatrice : elle harmonise les motifs psychiques et les réflexes moteurs qui concourent à la réalisation de la performance.

Elle effectue cette synthèse entre le physique et le mental qui détermine l’équilibre. Les liens entre la psychologie et le sport montrent en tout cas le rôle de la volonté, dans le sens d’acharnement, dans la conquête d’un titre de champion ou, plus simplement, d’un résultat personnel. Les récits, les exploits, les interviews des sportifs le prouvent amplement.

Le refus de se décourager est la leçon fondamentale. De même l’acharnement, ainsi que l’analyse de ses échecs, la domination de ses peurs, la volonté et le désir d’aller plus loin remontent sans aucun doute à l’enfance.

Encourager

Le sport, le courage, l’effort

La motivation est une réaction dynamique. Ainsi, le développement intellectuel, moral et émotionnel du sujet compte dans l’exercice physique.
Réciproquement, la pratique du sport, directement par le développement du système nerveux, indirectement par l’émulation, la discipline, l’esprit de compétition, développe des qualités qui sont utiles en dehors du stade.

Tout entraînement physique développe la précision de jugement. Peu de préjugés sont aussi faux que celui d’une opposition entre l’équilibre physique et l’intelligence.
Petit ou grand, “intellectuel” ou “manuel”, il s’agit de trouver sa propre voie. La forme physique est à la fois condition et fonction de la santé mentale.
Psychologiquement, est-il bon que les sportifs deviennent des vedettes ?

Devant l’absence de références familiales ou éducatives, le “sportif vedette” par son impact pourra exercer une très grande influence sur le devenir de nombreux enfants, l’absence de modèle dans leur entourage fait qu’ils vont le rechercher ailleurs.
Bien sûr les sportifs de haut niveau ont des salaires exorbitants, cela peut fausser l’idée de modèle en tant qu’homme et déplacer la notion de modèle en tant qu’objet.

Les athlètes suscitent chez le public la même curiosité que les artistes. En même temps, grâce à la presse, à la publicité, ils paraissent proches à chacun car ils sont chez vous par le biais de la télévision. Ils appartiennent à notre famille ; leurs exploits deviennent tangibles.
Enfin, les compétitions sont présentes dans chaque foyer grâce aux journaux et à la télévision, et l’aura de gloire qui entoure les champions donne aux enfants l’envie de les imiter.

Mais actuellement, c’est surtout dans certains sports très médiatiques l’appât du gain qui prime ! Sans doute faut-il déplorer l’exploitation commerciale faite à grand tapage autour du professionnalisme qui n’a plus que de très lointaines attaches avec le sport véritable ; cependant les champions, même détournés de leur but initial, sont toujours un stimulant pour les jeunes.
Si l’exercice physique quotidien n’est pas encore entré dans les mœurs, le sport a acquis une place importante dans la nouvelle philosophie des loisirs. L’exercice physique est né en Grèce avec la notion de loisirs.

La réduction du temps de travail, l’allongement des vacances, le fait que des sports soient ouverts à un grand nombre, donnent la possibilité à chacun de pratiquer le sport qui lui plaît.
Entre le rêve et la réalité, le décalage est net. Faire du sport apparaît plus comme un lointain idéal que comme un objectif à atteindre.

Le dimanche et le soir, face à la télévision, des familles entières se passionnent pour les matchs de football. Mais très peu d’entre elles pensent à accorder une partie de leurs loisirs à l’exercice physique.
La tendance générale demeure cependant au respect du sport et à l’admiration pour ceux qui se maintiennent en forme.
La politique de jeunesse, qui risque de donner une peur névrotique du processus normal de vieillissement, est bonne dans la mesure où, en incitant au sport, elle fournit un moyen réel de conserver un certain avantage de la jeunesse : le dynamisme.

Mais à une époque pas si lointaine, la graisse était synonyme de noblesse sociale et les jeunes gens voulaient avoir l’air vieux pour paraître importants. Aujourd’hui, nos préjugés ont changé.
L’air jeune est devenu un atout mais aussi une course à la jeunesse et l’on vend du rêve.

Un scientifique éminent, T.H. Huxley, insistait sur le fait que ses meilleures heures de travail se situaient entre le petit-déjeuner du matin et le repas de midi. Ceci a été corroboré par les études sur les biorythmes et l’incidence de ces derniers sur l’ensemble des phénomènes vivants.
Dans les conditions actuelles de vie, fatigue signifie souvent stress, “angoisse”. Du coup on a presque oublié que c’est une sensation normale après un effort.
Après une marche, le corps est las, mais les idées sont claires. La nervosité est absente car l’effort physique rétablit un état normal.

Lorsque l’on regarde des enfants jouer, on pourrait croire que l’activité physique développe les instincts agressifs. Or, les liens étroits qui existent entre le sport, la santé et la délinquance montrent la force sédative de l’activité physique.
Pour lutter contre la délinquance (une résultante directe par carence du milieu familial et/ou éducatif, par ignorance du “comment” du développement humain et des comportements induits)

Les clubs ressemblent un peu à des maisons dans les quartiers les plus déshérités des grandes villes. Ils accueillent les enfants et les adolescents de tout âge qui peuvent y trouver une atmosphère autre que celle de la rue.
Les animateurs cherchent à éviter à ces jeunes les maisons de redressement et parfois la prison en orientant leurs activités vers des buts constructifs. Le milieu dans lequel évoluent les clubs est composé de gens pauvres, sans qualification professionnelle, de familles très nombreuses, et de minorités étrangères. En outre, la vie dans des logements insalubres encourage les jeunes à se réunir dans la rue.
Et un grand nombre d’entre eux pâtissent d’un mauvais état de santé physique et mental caractérisé par une très grande fatigabilité et l’impossibilité d’entretenir un effort musculaire soutenu.

Les animateurs ont remarqué le côté véritablement formateur de l’activité physique. Les sports individuels ou collectifs favorisent l’affirmation et la valorisation de la personnalité : les sentiments d’incapacité totale, l’impression d’être “bon à rien”, le désir de “se venger” sur les autres disparaissent progressivement.
Les sports de combat (judo, aïkido..) apprennent le respect de l’adversaire (de l’autre) tout en permettant de prendre conscience de ses propres capacités de combat ou de négociation car la peur engendrée par l’inconnu est moindre, on a appris à le connaître. Les randonnées aguerrissent et délivrent du trop-plein d’énergie.
Mais les citadins ont des loisirs accrus et moins de facilité pour les remplir activement. Mais la vieille erreur : séparer l’esprit du corps est toujours perpétrée.

Lorsque l’on a pris conscience de l’importance de l’exercice physique dans le développement de la personnalité, on a pu vérifier l’influence des sports sur la diminution de la délinquance. Depuis le début du siècle, les faits s’ajoutent pour prouver que la délinquance est dans une forte mesure la conséquence de l’absence d’organisation des loisirs qui augmentent avec notre système social.
Contrariant les facteurs positifs du jeu et des sports, un fait négatif essentiel subsiste. Très souvent, les centres n’attirent pas les prédélinquants qui se sentent peu doués physiquement. Timides, gênés, ils ont peur de se mêler aux autres qui, croient-ils, constateraient leur infériorité.

Le complexe entraîne le désir de compenser par un “mauvais coup”. Les délinquants manifestent leur originalité, leur individualité, par leurs actes agressifs.
Ceci relève, toujours et encore, d’une méconnaissance totale de notre fonctionnement biologique et psychologique ou d’une mauvaise information dans ces domaines. De même, le sport peut empêcher de tricher :
On ne pas se vanter, car tout peut être vérifié au cours de l’action.
On apprend à se connaître et à s’apprécier.
C’est une préparation à connaître sa vraie valeur, sa place par rapports aux autres mais aussi ses possibilités à progresser.

La reconnaissance de valeurs indispensables au sport est utile à la vie sociale. L’esprit d’équipe, la solidarité entre sportifs sont grandement appréciés dans l’exercice d’une profession.
Le sport c’est réagir face à l’environnement ; c’est donc adopter un autre comportement que l’on peut avoir dans sa vie de tous les jours ; un culte volontaire et habituel de l’exercice musculaire intensif ou incité par le désir de progresser, on ne craint pas de prendre des risques inhabituels.

Comme tout le monde et quoi qu’on apprenne, au début on trébuche comme un jeune enfant (et l’on réagit souvent de la même façon, on s’énerve contre soi et surtout contre les autres, on crie…) ; on rechute, ce qui peut renforcer notre croyance qu’on ne puisse y arriver.
Certains paraîtront plus doués ; en fait, ils ont une meilleure maîtrise de leur corps car souvent, ils font déjà un autre sport,

“La pratique du sport forme donc non seulement le corps, mais aussi développe sans que l’on s’en aperçoive de nombreuses qualités telles que courage, énergie, maîtrise de soi, esprit de décision, esprit d’équipe.
Elle apprend le respect de la règle et constitue une préparation sérieuse à la vie en société. ” L’exercice physique est aussi bénéfique à divers points de vue et ses effets sur la physiologie sont grands.

Il préserve la régularité du système cardiaque et de l’appareil respiratoire: en effet, il abaisse le rythme cardiaque –les sportifs ont un cœur “lent “, de quarante à soixante pulsations par minute au lieu de soixante-quinze pour l’homme moyen.
Il tonifie la musculature, il abaisse la tension artérielle, il développe le sens de l’équilibre. Le corps se fait plus “adroit”, il répond mieux et plus rapidement aux demandes de mobilité du corps et de l’esprit.
Bien sûr, le sport n’est pas une panacée et il serait stupide de le croire.

Par son action dynamique, il est une continuité de notre propre personne par les effets qu’il exerce sur nous-même et sur l’environnement. L’activité pédestre (balade, golf ….) reste l’activité sportive la plus ancienne et la plus naturelle. Celle où l’on est le plus en contact avec la nature, les changements s’opèrent lentement (une loi sans doute nécessaire et préalable à tout changement, une adaptation progressive) et en même temps celle qui nous permet d’être le plus facilement en contact avec les autres car elle n’accapare pas la pensée, on peut donc discuter avec les autres sans danger pour soi et pour les autres.