Voler en montagne en montgolfière, un peu de technique

Voler en montagne en montgolfière

Voler en montagne en montgolfière demande des connaissances particulières. Comme dirait Papy : “ça n’est pas voler sur les betteraves !” Explications…

« Voler sur les betteraves et voler au dessus de la neige, cela n’a rien à voir. Le changement demande une adaptation de l’engin volant car l’environnement montagnard est inhabituel et même hostile pour celui qui ne le connaît pas ». Cette phrase de Daniel Dupuis, dit Papy dans le milieu de l’aérostation, explique à elle seule l’intérêt de la semaine d’initiation aux vols en montagne qui s’est déroulée à Praz sur Arly.

Piloter une montgolfière n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Il s’agit d’un exercice réclamant une grande précision. Les aérostiers doivent acquérir leur sensibilité au prix de nombreuses heures de vol accompagnés, avant de s’élancer seuls à l’obtention de leur brevet. Cela explique sans doute le faible nombre de pilotes en France, guère plus de cinq cents.

Appréhender les manœuvres en vol en ballon

Les ballons ont une grande inertie qui réclame de la part du pilote une remarquable capacité à appréhender les manœuvres en vol. Entre le déclenchement du brûleur et la montée de l’embarcation s’écoulent de 5 à 30 secondes. Tout dépend de la charge transportée, du volume du ballon et de la porosité de l’enveloppe. L’ouverture de la manette de gaz doit donc être savamment dosée.

Le pilotage, c’est également prendre en compte les conditions géographiques. Le principe de la montgolfière est simple : on remplit l’enveloppe d’air que l’on chauffe ensuite à l’aide de brûleurs alimentés en propane. Conséquences : l’aéronef réagit différemment selon sa position. Exposé au soleil, il volera moins haut et remontera soudain de dix mètres si l’enveloppe traverse une zone ombragée. Les cours d’eau sont également synonymes de courants froids et donc de prise d’altitude. La nature de la végétation survolée peut aussi jouer un rôle sur la température ambiante.

Les “courants d’air” du Mont Blanc

La montgolfière se déplace en fonction du vent. Les courants réagissent comme les cours d’eau. Le Mont-Blanc joue d’ailleurs un grand rôle sur l’aérologie locale. Les pilotes cherchent donc en permanence les courants qui leur permettront d’aller dans la direction voulue, et même parfois de revenir au point de décollage. Les pilotes appellent cette manœuvre difficile “faire une boîte”. Le plus souvent les ballons s’éloignent à haute altitude ou restent, au contraire, près du sol, profitant des micro courants qui s’écoulent au dessus des arbres le long des pentes.

Les vols en montgolfière sont toujours une aventure. Jusqu’aux atterrissages qui peuvent réserver bien des surprises : le vent au sol est capable de rendre ce moment mouvementé. Si le pilote constate de forts vents à terre, il ouvre la couronne (la soupape située au sommet de la toile) dès que le panier touche le sol, de manière à vider rapidement l’enveloppe et ne pas être traîné sur des centaines de mètres. Quoi qu’il arrive, la nacelle est fabriquée en osier tressé, conçue pour amortir tous les chocs ; la sécurité est donc totale.

LE RETROUVING

Lorsque décollent les montgolfières, les spectateurs ont tous les yeux rivés vers le ciel, hypnotisés par ces ballons qui évoluent lentement au dessus de leurs têtes. Plus rares sont ceux qui remarquent ces véhicules quittant l’aire d’envol dans les instants qui suivent le décollage. Pourtant, sans eux, rien ne serait possible, ni spectacle, ni montgolfiades.

Quel est donc leur rôle ? Tout simplement à récupérer les ballons à leur atterrissage. Dans le jargon des aéronautes on appelle cela le “retrouving” ; un drôle de mélange d’anglais et de français qui fait toujours sourire lorsqu’on l’utilise. Le retrouving n’est pas une banale récupération ; la plupart du temps, il s’agit d’une véritable opération de suivie, une aventure qui peut réserver des surprises.

Plate-forme de décollage pour ballon à Praz-sur-Arly

La station de Praz-sur-Arly est l’unique station des Alpes à posséder une plate-forme de décollage agréée et deux compagnies aériennes spécialisées dans la montgolfière, dont une présente toute l’année. Chaque compagnie propose deux types de vols pour le public : les vols de découverte du Pays du Mont-Blanc (possibles à chaque saison) et les vols transalpins (uniquement en hiver).

Le vol local dure environ deux heures. Il est proposé au tarif de 300 € environ environ par personne. Le vol transalpin, d’une durée de 3 à 5 heures, est proposé au tarif de 800 € environ par personne. Ces prix comprennent le vol, la récupération, le champagne et même… le brunch pour le vol transalpin.

Les billets sont valables deux ans et peuvent représenter un cadeau unique et inoubliable !

Aérovision :

Tél : 06.09.78.51.19

Voler en montagne avec les Ballons du Mont-Blanc :

Tél : 04.50.21.03.07

Il ne faut pas oublier le prix de l’ensemble qui, pour les petites montgolfières, débute aux environs de 150 000 F pour atteindre des sommes très élevées pour les ballons formés de plus de 15 000 m3 pouvant emmener dans leur nacelle 16 personnes.

Histoire de la montgolfière

C’est le 4 juin 1783 qu’eut lieu le premier vol en aérostat. Il se déroula en Ardèche près d’Annonay grâce à deux frères de génie, les frères Montgolfier.

Issus d’une famille de papetiers implantée au pied du Mont Golfier, ils construisirent une enveloppe en papier “pour emprisonner les nuages”. Le principe était le même qu’aujourd’hui : chauffer l’air de l’enveloppe afin qu’il fut plus léger que l’air ambiant. Ce qui est actuellement une constatation scientifique était alors basé sur de simples observations domestiques de la part des deux frères mais qu’ils ne pouvaient expliquer véritablement. Le principal est que cela a fonctionné.

Les bouteilles de gaz n’étant pas encore disponibles, le feu était alimenté par un grand feu de bois situé sous l’enveloppe. Les essais furent concluants, chaque ballon prenant l’air durant les quelques instants où l’intérieur de l’enveloppe restait chaud. Quelques temps plus tard, les frères Montgolfier confectionnèrent une enveloppe plus importante à laquelle ils arrimèrent une nacelle. A bord, ils attachèrent trois animaux familiers pour un vol expérimental qui devait répondre à une question fondamentale : pouvait-on survivre “là-haut” ? Car personne n’avait encore jamais volé. Le plus beau rêve de l’homme demeurait encore inaccessible ; on préféra donc envoyer des animaux affronter le domaine de Dieu. A la grande stupéfaction des spectateurs, les pauvres bêtes furent retrouvées vivantes, bien qu’elles aient sans doute eu la peur de leur vie.

Les premiers hommes de l’espace

Mis au courant des exploits de ces deux personnages hors du commun, le Roi les pria de se rendre à Paris afin de faire une démonstration à la Cour. C’est ainsi que le 21 novembre 1783les frères Montgolfier, Pilatre de Rozier et le Marquis d’Arlandes furent les premiers hommes de l’espace. Leur mérite était d’autant plus grand que le ballon dans lequel ils montaient n’avait rien de l’engin solide et pratique d’aujourd’hui. La nacelle consistait en une gigantesque cuve de métal avec au centre un grand brasier alimenté en permanence de bûches de bois. La chaleur était intense et de nombreuses flammèches atteignaient régulièrement l’enveloppe de papier. Les passagers devaient sans cesse éteindre ces feux à l’aide d’une serpillière humidifiée. Un exploit à la dimension historique puisque personne n’a oublié ces deux frères qui donnèrent leur nom à la montgolfière. Ils furent ensuite anoblis et se nommèrent alors “de Montgolfier”.

La papeterie des frères de Montgolfier en devint célèbre. Peut-être la connaissez-vous, vous même ? Elle existe encore et se nomme papeterie Canson et Montgolfier…