Voyage à faire à Pétra cité antique monumentale en Jordanie

Pétra, une cité antique monumentale en Jordanie

El Khazneh, appelé la «maison du trésor», le «château du pharaon» ou plus simplement «la porte» est l’objet de toutes les attentions. Pour autant, la raison d’un tel monument demeure un mystère. L’imposant édifice, érigé au fond du Sîq, long canyon étroit, est un incontournable des visiteurs qui se rendent à Pétra.

La fameuse porte de Khazneh n’est pourtant que la face visible de cet iceberg du désert. Sur les 40 km² que couvrent Pétra, les chemins et sentiers de la cité dévoilent des centaines de façades de tombeaux, de temples et de salles funéraires creusés à même la roche. Plusieurs jours sont nécessaires pour tout découvrir ; notamment un théâtre de 3000 places, datant du Ier siècle, un palais-tombeau de style romain et Qasr al-Bint, le seul bâtiment encore sur pied de la cité antique. Une ascension de plus de 900 marches, taillées dans la roche, vous mènera au monument le plus spectaculaire : un imposant et magnifique Deir (ou monastère) datant du Ier siècle. Un tombeau modeste commémorant la mort d’Aaron, frère de Moïse, fut construit au XIII ème siècle sur le Mont Aaron (Jabal Haroun) dans la chaîne du Sharah, par le sultan mamelouk.Si aucun trésor n’a jusqu’ici été découvert – à l’exception du film « Indiana Jones et la dernière croisade » pour lequel Khazneh (le Trésor) et le Sîq sont utilisés dans la séquence finale du film – la cité antique exerce aujourd’hui encore un pouvoir de fascination sur les visiteurs.

En 2010, plus d’un million de visiteurs sont venus explorer Pétra, l’une des cités archéologiques les plus impressionnantes et les plus fascinantes de la planète.

Pétra, la cité rose

Capitale du royaume nabatéen, Pétra était une ville dotée d’une architecture remarquable et d’installations hydrauliques très sophistiquées. Les Nabatéens étaient d’excellents ingénieurs qui parvinrent à se fournir en eau potable grâce à des kilomètres d’aqueducs et ce dans l’une des régions les plus arides au monde. Pétra, qui signifie « pierre » en grec, est surtout célèbre pour son architecture et particulièrement ses façades rupestres taillées dans le grès rouge. Les rois nabatéens firent ériger un grand nombre de somptueux monuments et d’impressionnantes installations qui fascinent encore les visiteurs de nos jours. Les sculptures, les statues et autres bas-reliefs de style gréco-romain témoignent du contact étroit entre les Nabatéens, la Grèce et Rome ainsi que de leur connaissance des modes artistiques issues des grandes capitales.

Sur les sculptures naturelles que le vent du désert et l’eau ont aidé à prendre forme, les hommes ont construit et creusé leurs ambitions artistiques et commerciales. Abandonné puis redécouverte par l’Occident il y a 200 ans, Pétra est aujourd’hui le fleuron et le site touristique le plus convoité de Jordanie. La « Cité perdue » est reconnue Patrimoine mondial de l’UNESCO et compte parmi les Sept Nouvelles Merveilles du Monde.

Petra en Jordanie

Pétra en Jordanie

La redécouverte de Pétra par l’Occident

Le suisse Johann Ludwig Burckhardt est considéré comme le fondateur du tourisme local. Etudiant l’arabe, la médecine, l’archéologie et la minéralogie à Cambridge, il fut chargé par l’African Association, un groupement composé d’hommes influents de la classe supérieure britannique, d’explorer le cours supérieur du fleuve Niger. Pour préparer au mieux ce voyage, Burckhardt vit près de trois ans dans la ville syrienne d’Alep. Il prend l’identité d’un homme d’affaires oriental en se faisant appeler Cheikh Ibrahim et y étudie le coran.

En 1812, alors qu’il se trouve à l’est de la Mer Morte, des indices de présence d’un grand site antique se manifestent à lui. Afin de s’infiltrer dans le site et de déjouer la méfiance des bédouins qui pensent qu’il cherche un trésor, Burckhardt s’adjoint les services d’un guide pour l’amener à la tombe d’Aaron, le frère de Moïse. Pour que sa ruse fonctionne, il prit également avec lui une chèvre pour l’offrir en sacrifice à Aaron, détail ayant son importance dans la tradition musulmane. L’astuce fut couronnée de succès, et Burckhardt fut ainsi le premier Européen à entrer dans la ville des rois nabatéens.

1812-2012 : 200 ans de la redécouverte de la cité

Tombé dans l’oubli à l’époque moderne, le site est redécouvert par le monde occidental grâce à l’explorateur suisse Jean Louis Burckhardt en 1812. Les nombreux bâtiments, dont les façades monumentales sont directement taillées dans la roche, en font un site unique qui, depuis le 6 décembre 1985, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La zone autour du site est également, depuis 1993, un parc national archéologique. La Jordanie célèbre, en 2012, les 200 ans de la redécouverte de la cité. Des manifestations et des expositions dans le pays mais aussi en Suisse, pays de l’explorateur Burckhardt, ont ponctué l’année à cette occasion.

Petra la nuit

Petra la nuit

Petra by night

Visiter Pétra à la lumière du jour est déjà une expérience à vous couper le souffle, mais la visiter la nuit, à la lueur de 1800 bougies, c’est tout simplement une expérience magique! En se dirigeant vers Khazneh, le visiteur emprunte le Sîq illuminé par des bougies, au son de l’ensorcelante musique des Bédouins, vers le Trésor.
Les visites sont organisées trois fois par semaine les lundi, mercredi et jeudi, de 20h30 à 22h30. Les billets sont à prévoir un peu à l’avance pour cette balade agréable de 2 heures.

Pétra, la capitale des Nabatéens

Son déclin s’amorcera au cours du 1er siècle de notre ère. Sous domination romaine, les flux commerciaux échappent à la capitale nabatéenne au profit de l’Egypte. L’essor du christianisme touche la cité au IV ème siècle. Et vers le VIIIe siècle, les séismes entraînent l’abandon progressif de la ville par ses habitants. Pétra se dépeuple. Malgré son importance dans l’Antiquité, dès le XIV ème siècle, le monde occidental perd la cité, et ce, pendant trois siècles.

Vaste cité taillée dans la pierre, Pétra a été érigée par les Nabatéens, civilisation arabe ingénieuse qui s’est établie en Jordanie il y a plus de 2 000 ans.

Pour construire leur capitale, les nabatéens s’inspirent de divers styles architecturaux comme les colonnes romaines ou encore les amphores grecques. Elle est admirée pour sa culture raffinée et son architecture colossale.

Un défilé long de 1 200, Le Sîq, forme l’entrée de la ville antique 

Le visiteur arrive sur le site en empruntant le Siq, un défilé long et étroit descendant entre des falaises de grés de plus de 100 m de haut. Selon les heures du jour la luminosité change et le Siq semble se métamorphoser, prenant des tons et des formes insolites. Au bout de ce jeu d’ombre et de lumière apparaît Al-Khaznet (le trésor), le célèbre tombeau qui marque l’entrée de la ville, une façade époustouflante creusée à même la roche.
Les nuances de couleurs des falaises lui valent le surnom de « cité rose ». Au-delà de son esthétique, c’est également son système de digues et de canalisations d’eau qui surprend. Les Nabatéens ont érigé d’imposants barrages, système unique dans l’Antiquité pour récupérer et canaliser les eaux de pluie parfois abondantes en hiver et au printemps dans la vallée fertile de Moïse (Wadi Moussa), qui englobe le site de Pétra.

Les nombreux barrages et murets situés dans les vallées latérales escarpées ne sont pas accessibles au public mais témoignent de leur ingéniosité. Unique en son genre et de par sa situation géographique, la cité nabatéenne prospère grâce au commerce entre l’Est et l’Ouest. Carrefour stratégique sur les routes commerciales de la soie et des épices, reliant la Chine, l’Inde et l’Arabie méridionale à l’Egypte, la Syrie, la Grèce et Rome, le royaume nabatéen subsiste pendant des siècles.