Voyage en Mauritanie, la voie du désert

Sahara

On vous propose un voyage original en Mauritanie. Le Train du Désert existe depuis 2000 grâce à l’ouverture de la première liaison aérienne Paris Atar. C’est une voie hors du commun, une sorte de croisière dans les terres.  Vous passerez une nuit dans le train, deux nuits dans le désert à dormir à la belle étoile. Le train du désert invite à poursuivre la découverte d’un Sahara méconnu jusqu’à Chinguetti. C’est une cité perdue riche d’une incroyable bibliothèque séculaire…

Il y a tout d’abord cette lumière crue, presque violente du sable chauffé à blanc par le soleil. Puis il y a cette odeur, ce parfum de poussière, léger et envoûtant. Impressions brutes que celles laissées par ce pays, vaste comme deux fois la France et que le désert a fait sien. Encore peu fréquenté, il garde une part de mystère. Un mystère que des treks rustiques, méharées ou raids 4×4 commencent aujourd’hui à dévoiler. Un mystère que nous avons voulu approcher d’une manière un peu plus originale, en empruntant la voie du plus long train minéralier du monde. Ce train du désert est lent et rouillé mais essentiel à l’économie locale.

Le train “fantôme” entre Maghreb et Afrique Noire

Entre Maghreb et Afrique Noire, à quelques kilomètres à peine de la frontière marocaine, 650 km de voie ferrée relient en effet Zouérate à Nouadibou. Des kilomètres sans fin de rails polis par le sable et soulignant le désert d’une ligne sombre aussi surprenante qu’aventureuse. Suivre cet itinéraire, c’est échapper à l’agitation de la capitale, Nouakchott. Et c’est plonger dans un monde épuré où les cailloux semblent immuables. Les dunes en perpétuel mouvement sculptent un paysage pas aussi immobile qu’en apparence.

Pour le découvrir, deux solutions, la première, version “baroud”… Il s’agit  de grimper carrément en “passager clandestin” (pour de faux !) dans le train minéralier qui transporte, trois fois par jour, des tonnes de fer. Cette cargaison provient des mines à ciel ouvert de Zouérate. Poussiéreux et d’un confort plus que rudimentaire, ce voyage-là présente peu d’intérêt si ce n’est celui de laisser d’épiques souvenirs.

Désert Mauritanie

Désert Mauritanie

Train du Désert par Point-Afrique

Alternative plus épicurienne : embarquer dans le Train du Désert spécialement affrété par Maurice Freund, fondateur du tour-opérateur Point-Afrique. Là, dans le confort exotique d’un wagon décoré de tentures et de poufs chamarrés, la Mauritanie se révèle d’escale en escale.

Ici, le désert est rude et fascinant à la fois, encore vierge de toute exploitation touristique. Le paysage alterne les teintes blanches, brunes ou ocres des dunes. Ce grand espace donne le vertige, par son semblant d’infinité, à peine troublé par de (très) rares villages. En fait, Choum, point de départ du train, ou encore Zouérate et Nouadhibou en sont les points d’ancrage, les seuls vrais repères. Ces villages-là réveillent d’un seul coup les esprits assoupis par les distances et la chaleur. Dans ses villages “gares”, les gamins grimpent sur des charrettes de fortune et piaillent au passage du train. Les artisans du marché de Zouérate vendaient à même le sol, bijoux et autres souvenirs.

Errances à la recherche des “hommes bleus”

Pour paraphraser quelqu’un, disons que la Mauritanie laisse du temps au temps. Le train atteint péniblement les 50 hm/h de moyenne et laissent tout loisir de s’imprégner d’une atmosphère très singulière. Avec un peu de patience et beaucoup de curiosité, vous découvrirez alors le vrai peuple Maure. Ces nomades sont connus et rebaptisés les “hommes bleus”.  Si beaucoup sont devenus sédentaires après la grande sécheresse des années 70, aucun n’a oublié le grand Sahara qui les unit.

Le soir venu, à l’abri d’une khaïma (grande tente en poils chameaux tissés), avec pour seul témoin, la voûte céleste et ses milliers d’étoiles, ils racontent leur mode de vie.  Parmi les légendes nées du sable au fil des siècles, il y a le monolithe d’Aïcha, à Ben Amira. Si l’on se fie aux croyances populaires, ce rocher là, en forme d’obélisque naturel, serait le plus grand du genre en Afrique. Il tiendrait son nom d’une tragique histoire d’amour. D’une étape à l’autre, les “hommes bleus” convertis en guides de trek savent aussi montrer l’extrême diversité qui se cache entre l’erg (champ de dunes) et le reg ( plateaux de cailloux). Les traces préhistoriques que l’on retrouve un peu partout et les profonds canyons qui barrent la région de l’Adrar.

Chinguetti de Mauritanie, l’incroyable

Ensuite, le voyage en train est aussi l’occasion d’atteindre des lieux ” cultes ” comme Chinguetti, ville sainte de l’Islam. Il faut cinq heures de 4×4 pour rallier le terminus du train à Chinguetti. C’est la cité perdue dans le massif de l’Adrar, aux maisons séculaires en pisé, mais le jeu en vaut la chandelle. Celle que l’on a surnommé la “Sorbonne du désert”, tant son rayonnement intellectuel fut grand du XVIIIème au début du XXème siècle, recèle un véritable trésor. On y trouve des milliers de manuscrits entreposés pêle-mêle, contant la fabuleuse histoire de tout un pays. Rongés par les termites, le sable et les moisissures, la bibliothèque de cette ancienne cité caravanière est malheureusement menacée aujourd’hui. Destination encore marginale et surprenante, dépêchez-vous d’aller découvrir la Mauritanie…

Hommes bleus

Hommes bleus