Le Grand Port maritime de Marseille s’est transformé, le temps d’une soirée exceptionnelle, en scène à ciel ouvert pour accueillir la Symphonie portuaire. Portée par 180 musiciens et codirigée artistiquement par Raphaël Imbert, cette création immersive a fait voyager le public entre les sonorités d’Italie, de Grèce, du Moyen-Orient, de Turquie et de Provence, dans une ambiance festive, poétique et méditerranéenne.
Retour sur la Symphonie Portuaire à Marseille : Une Soirée Magique au Cœur du Port Secret
En mai dernier, le Grand Port Maritime de Marseille a ouvert exceptionnellement ses portes pour un événement hors du commun. D’ordinaire strictement interdit au public, ce site industriel majestueux — situé à deux pas du Mucem et de la cathédrale La Major — s’est transformé le temps d’une nuit en une immense scène artistique à ciel ouvert. Entre musique monumentale, performances chorégraphiques intenses et saveurs de la Méditerranée, la Symphonie Portuaire a été l’un des rendez-vous les plus poétiques et spectaculaires de la saison.
L’accès y était entièrement libre et gratuit de 18h à 1h du matin. Retour sur le programme complet de cette soirée immersive qui a marqué les esprits.
Un Voyage Culinaire sur les Quais dès le Début de la Soirée
Avant que les premières notes ne résonnent, le port s’est animé dès la fin d’après-midi au rythme des odeurs de la street food. Conçue comme une immersion dans les cuisines populaires et conviviales des rues méditerranéennes, cette grande coopération culinaire était portée par Les Grandes Tables et un collectif de chefs marseillais (La boîte à sardines, L’après M, Le Monticole Culinaire, Hamov…). Des Fourneaux de Ryma aux délices glacés, toute la richesse de la cuisine du soleil était à portée de main tout au long de la soirée.
Le Choc Visuel et Sonore de la Symphonie Portuaire
C’est sous la direction artistique du jazzman Raphaël Imbert et du plasticien scénographe Franz Clochard (Mécanique Vivante) que le clou du spectacle a pris vie.
Sur le quai, un dispositif hors norme a réuni 180 musiciens. Une immense fanfare intergénérationnelle (mêlant amateurs, élèves du Conservatoire Pierre Barbizet et 20 musiciens de la Philharmonie de Paris) est entrée en résonance avec un orchestre polyphonique de sirènes musicales mécaniques.
Dans un jeu d’échos envoûtant se déployant sous les étoiles, ce mur du son a dialogué avec des solistes de renom venus des deux rives :
- Le violoniste tunisien Zied Zouari
- Les chanteuses lyriques tunisiennes Wafa Abbas et Bouthaina Nabouli au chant avec des pavillons géants
- Le oudiste marocain Mahmoud Chouki
- La contrebassiste France Duclairoir et les percussions de Lucie Delmas
Un Final Hypnotique avec « Tarab »
Pour clore cette nuit magique, la compagnie Shōnen a présenté une version XXL de sa création Tarab, portée par le compositeur libano-palestinien Rayess Bek.
Accompagnés de huit danseurs et danseuses venus d’Égypte, de Palestine et du Liban, les artistes ont bousculé les codes en mêlant danses traditionnelles (comme le dabkeh) et gestes résolument contemporains. Plus qu’un spectacle de danse, Tarab a été une performance participative conçue pour emporter la foule dans une transe joyeuse et un élan collectif festif.
Ce fut une occasion rare de fouler le sol d’un Port de Marseille métamorphosé en œuvre d’art !
